Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, appelé encore syndrome de l’essuie glace, est la conséquence d’un conflit entre la face profonde du tendon du Fascia Lata et la face latérale du condyle fémoral externe lors des mouvements de flexion/extension du genou. Ces mouvements entrainent une tendinite de la bandelette ilio-tibiale pouvant s’accompagner d’une inflammation de la bourse séreuse sous fascial (bursite).

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La physiopathologie de ce conflit explique que l’on retrouve ce syndrome surtout chez les coureurs de fond (joggeur, marathonien) et parfois chez les cyclistes, notamment chez les patients ayant un morphotype en genu varum (attitude de cowboy)

 

Le patient consulte pour des douleurs de la face externe du genou, irradiant parfois à la cuisse, survenant pour des distances variables, au début uniquement après de longues distances puis pour des distances de plus en plus courtes. Elles vont s’aggraver avec le temps et survenir pour des efforts de moins en moins importants, devenant parfois gênantes dans la vie quotidienne. Dans un stade ultime, le sportif est obligé d’arrêter toute activité sportive.

L’examen clinique met en évidence une nette douleur à la palpation de la face externe du condyle fémoral, 2 à 3 cm au dessus de l’interligne articulaire externe entre 40° et 60° de flexion du genou aggravée par la mise en extension du genou (test de Noble). L’appui unipodal à 40° de flexion est douloureux (test de Renne).

Le reste de l’examen clinique est normal et permet d’éliminer une éventuelle pathologie méniscale, ligamentaire, tendinite ou instabilité rotulienne associée. Il est important de regarder l’état d’usure des chaussures de course souvent plus usée sur le bord externe du talon, témoignant d’une course en varus (jambe orientée vers l’intérieur).

Il n’est pas nécessaire d’effectuer d’examens complémentaires radiologiques pour confirmer le diagnostic. Cependant s’ils sont réalisés, les radiographies standards seront normales et l’IRM pourra montrer une inflammation de la bourse sous faciale affirmant alors le diagnostic.

Traitement & prévention :

Au delà du triptyque classique : Repos sportif / Glaçage / Anti-inflammatoire, il est fondamental de reconsidérer votre activité sportive au travers des points suivants

Votre façon de courir

Les coureurs qui contactent le sol avec le milieu ou l’avant-pied ont une plus grande efficacité énergétique (Perl, Daoud et Lieberman, 2012), une vitesse accrue (Goss & Gross, 2012) et moins d’absorption des chocs dans les articulations de la jambe (Williams, Green, & Wursinger, 2012) par rapport aux coureurs qui vont attaquer avec le talon.

Vos chaussures

La durée de vie de la chaussure peut aller de 550 à 800 km et dépend de la foulée et du type de chaussure ainsi que de la taille du coureur, pouvant induire l’usure des chaussures. Les signes communs d’une chaussure usée incluent « la perte de l’amorti, des ampoules soudaines ou des douleur récurrentes » (Lacamoire, 2003, p. 114)

Les preuves suggèrent que les modèles d’attaque de pied peuvent être influencés par le type de chaussure. Les chaussures traditionnelles (drop de 12 à 14 millimètres) incitent typiquement une attaque talon et conduisent à des vitesses de mise en charge et à des forces de réaction au sol, plus élevées, causant potentiellement une apparition accrue des blessures (Williams et al., 2012). La recherche sur les chaussures minimalistes se rapprochant d’une course pieds nus a montré qu’un coureur est plus susceptible d’attaquer avec le milieu du pied ou l’avant-pied, offrant les avantages d’une plus grande efficacité énergétique et d’une vitesse accrue.

Le type de terrains

Le terrain joue un rôle important dans l’apparition des symptômes de la SBIT. Krivickas (1997) a expliqué qu’il y a une friction accrue de la BIT sur la partie osseuse le long de l’extérieur du genou quand il est fléchi à près de 30 degrés. La course en descente augmente le taux de charge sur le genou pendant cette phase ce qui augmente encore la tension sur la BIT (Fredericson & Wolf, 2005; Krivickas, 1997).

Les études n’ont pas suggéré qu’une surface soit « plus sûre » que l’autre. Cependant, Shaffer (2014) a expliqué qu’une variété de surfaces améliorera l’équilibre, la force, la vitesse et l’économie.

Renforcement de la BIT, étirement et entrainement croisé

L’entrainement croisé est une composante importante de la création d’un programme d’entrainement pour les coureurs avec SBIT. Les entraîneurs peuvent aider leurs coureurs à éviter les blessures de surmenage en utilisant la musculation, la natation et certains exercices pliométriques pour améliorer la forme globale et la force musculaire.

Fredericson et Wolf (2005) ont identifié des exercices spécifiques de renforcement des muscles moyen fessier et des fléchisseurs de hanche pour prévenir une augmentation de la tension sur la BIT.
Les exemples d’exercices suivants peuvent être réalisés trois à quatre fois par semaine, généralement après chaque entrainement, ou alors être inclus dans le cadre d’exercices d’entrainement croisé.

 

Syndrome de la Bandelette IlioTibiale en course à pied : Un guide pour prévenir les blessures par surmenage

 

Syndrome de la Bandelette IlioTibiale en course à pied : Un guide pour prévenir les blessures par surmenage

 

Syndrome de la Bandelette IlioTibiale en course à pied : Un guide pour prévenir les blessures par surmenage

Exemple de programme d’entrainement de 12 semaines

Un exemple de programme d’entrainement de 12 semaines comprenant quatre jours de course alternés chacun entre 1 jour de repos ou 1 jour d’entrainement croisé est présenté au tableau 4.

Une augmentation progressive du kilométrage hebdomadaire permet au coureur de s’adapter à l’intensité croissante du programme tout en bénéficiant de l’endurance cardiorespiratoire qui comporte des séances intervalles et des courses tempo. La semaine de pic (semaine 10) est bien inférieure au seuil du SBIT car le travail de vitesse compense le kilométrage réduit et minimise ainsi le risque pour le coureur.

Les longues courses progressent lentement chaque semaine et sont toujours suivies d’un jour de repos.

 

La prévention des SBIT peut être obtenue en connaissant les facteurs impliqués et les causes probables, et en intégrant une variété d’activités afin que le programme ne devienne pas redondant. Comme les débutants sont plus susceptibles de développer des SBIT, les premières interventions et le développement approprié des programmes sont essentiels pour les entraîneurs, les formateurs et les éducateurs physiques. Un guide d’entrainement pour aider à prévenir les SBIT et atteindre toujours un niveau élevé de forme pour une expérience de course compétitive et agréable encouragera les débutants à devenir des coureurs de longue date et aidera à garder les coureurs expérimentés en bonne santé.

 

Merci beaucoup pour cet article à Kinesport.info !

Source : http://www.kinesport.info/Syndrome-de-la-Bandelette-IlioTibiale-en-course-a-pied-Un-guide-pour-prevenir-les-blessures-par-surmenage_a3719.html